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A Mayenne : souriez ! Vous êtes « filmé-enregistré » !

20-04-2019
A Mayenne (ville dans le département du même nom – La Mayenne-, Pays de la Loire, France), vous faites vos courses dans une  grande surface ; à l’entrée, un homme habillé de noir, vous mate des pieds à la tête (Et ira même  jusqu’à vous suivre si votre look n’est pas dans le schéma sociétal dominant : couple avec un ou deux enfants, plus le chariot -et le chien qui reste dans la voiture à cuire sous la chaleur).

Ensuite, vous allez boire un coup en terrasse, au centre-ville, si vous prenez un verre place Clémenceau, vous pouvez gratuitement être filmé et enregistré. Il y a une caméra de « vidéo-protection » (1) placée à l’entrée du « parking souterrain », dont l’angle de filmage est axé sur la terrasse d’une brasserie (terrasse filmée en totalité ou en partie suivant la focale de la caméra, 50 mm ? 28 mm ?).

Cette caméra, a donc en premier plan (à 10-15m), la terrasse (ou une partie de la terrasse) et en arrière-plan l’espace du jet d’eau, la place Clémenceau (en partie) ; cette caméra n’a pas dans son angle de filmage, le parking en face de la terrasse où vous prenez un verre (si un crétin emboutit votre superbe berline stationnée sur ce parking : il n’y aura pas de traces sur l’enregistrement, c’est d’ailleurs arrivé à un de mes collègues !).

Les « éléments »  dans la meilleure visibilité, ce sont donc les clients en terrasse, étant donné que la terrasse est au premier plan du champ de vision de cette caméra de surveillance.

[10-05- 2019 : Juste à côté de cette caméra se trouve une autre caméra, toujours sur l’entrée du parking du château, elle pointait encore récemment vers la place Juhel, avec en premier plan une autre terrasse, celle d’une brasserie actuellement fermée, elle pointe maintenant vers la chaussée, elle a donc maintenant, dans son champ de vision,  les véhicules qui entrent dans le parking].

 

 

Merci à monsieur le maire de Mayenne d’être autant préoccupé par notre sécurité et d’assurer notre protection quand nous prenons un verre en terrasse, quelle délicate attention d’être  autant en « proximité » avec nous ! Faut-il mettre une cravate au cas où un film serait prévu (avec sortie internationale dans toutes les salles) ?

L’enregistrement de nos conversations en terrasse (dans le but, bien entendu, de mieux nous protéger de nos mauvaises pensées) : c’est la prochaine étape de votre « vidéo-protection » ?

 

(1) « vidéo-protection » et non « vidéo-surveillance » : un passage de la vidéo est visionné en cas d’incident (elle n’est pas regardée en direct), d’après le discours officiel. C’est curieux, « vidéo-protection », çà fait quand même très novlangue….

 

 


 

Pour aller plus loin :

 

Vous êtes filmés !
Laurent Mucchielli
Armand Collin, 2018.

La vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir de l’élection présidentielle de 2007, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ?
Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n’est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme.
Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le « bluff technologique » des industries de sécurité, le gaspillage de l’argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.

Laurent Mucchielli est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de Sociologie) et enseigne la sociologie de la délinquance à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’un des meilleurs spécialistes des questions de sécurité et de prévention en France.

Vidéo de présentation du livre
…la vidéo-surveillance : çà peut servir à faire élire un maire... [ou à permettre des érections des réélections. Bonus de Joe « libre de droit »].

 

 


Armand Mattelart
La globalisation de la surveillance.
Aux origines de l’ordre sécuritaire
Paris, Éd. La Découverte, coll. Poche, 2008.

De l’anthropométrie du XIXe siècle au Patriot Act, ce livre décrit la généalogie du nouveau pouvoir de contrôle mondial. Il montre qu’au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les États ont permis tous les abus.
Vidéosurveillance, fichage, empreintes génétiques, écoutes, puces RFID… Dans les régimes démocratiques, les différentes techniques d’intrusion dans la vie quotidienne des individus se multiplient, au nom de la lutte contre les « nouvelles menaces ». La « guerre contre le terrorisme » n’a fait que rendre plus oppressant ce monde qui nous rapproche de celui imaginé par George Orwell dans 1984.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment les sociétés démocratiques ont-elles accepté que leurs droits et liberté soient peu à peu amputés par des dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués ?
De l’anthropométrie du XIXe siècle au Patriot Act, en passant par l’analyse des doctrines militaires et du projet Echelon, Armand Mattelart construit une généalogie de ce nouveau pouvoir de contrôle et étudie sa dynamique de mondialisation. Il montre qu’au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les États ont construit et imposé une définition de l’ennemi de plus en plus floue, tellement floue qu’elle a permis et permet encore tous les abus.
Ce livre invite à une prise de conscience indispensable à l’heure où le seuil de tolérance des sociétés démocratiques à l’égard de la surveillance ne cesse de baisser.

Présentation du livre par Gilles Boenisch :
La problématique principale consiste à s’interroger sur les raisons qui ont conduit les sociétés démocratiques a accepter que leurs droits et libertés soient peu a peu diminués par des procédés de surveillance de plus en plus perfectionnés : « Pourquoi en sommes nous arrivés là? » s’interroge l’auteur dès les premières lignes de sa recherche. Ainsi « mettre la sécurité en action », « assurer l’ordre social » « contre les forces perturbatrices » sont-ils autant de « concepts et de doctrines dont la fonction est de prescrire un profil d’ennemi, supposé ou réel, intérieur ou extérieur, total ou global : le criminel-né ou sauvage moderne, la foule, l’insurgé, le subversif, le contestataire, l’étranger, le terroriste. Toutes catégories fortement extensibles qui tirent leur force performative du flou qui nimbe leur définition » (p. 6). Une situation qui, selon l’auteur, conduit à un véritable totalitarisme démocratique aussi oppressant que ceux des idéologiques du passé. On découvre avec intérêt qu’au nom de la défense de la liberté et des impératifs de sécurité nationale, les États ont progressivement instrumentalisé une définition de l’ennemi particulièrement discutable jusqu’à mettre en péril la définition même de la démocratie, prétexte à toutes ces dérives. Gilles Boenisch, texte intégral : https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/263

Expulsé du Chili, après y avoir séjourné onze ans, lors du coup d’État du 11 septembre 1973, Armand Mattelart intègre alors l’université française. Il est aujourd’hui professeur émérite de sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-VIII. Il a notamment publié, aux éditions La Découverte, Diversité culturelle et mondialisation, Histoire de la société de l’information, et Histoire des théories de la communication (avec Michèle Mattelart), Introduction aux Cultural Studies (avec Érik Neveu), L’Invention de la communication ou encore Histoire de l’utopie planétaire.

 

 

…il n’y a pas d’acquis : dès que vous baissez la garde, vous perdez du terrain… Cynthia Fleury

 

 

Bonus :

 

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