Du courage…

Cynthia Fleury, dans une interview, au sujet de son livre «La fin du courage» :

Le courage n’est pas tout fait mort. Il y a toujours des individus et des actes courageux. Après, tout l’enjeu est de passer du geste isolé à l’action collective pour parvenir à imposer des sujets sur l’agenda politique. Sinon les courageux se révèlent vite sacrifiés. Construire une éthique collective du courage, voilà le défi. Il faut créer des majorités qualifiées citoyennes.

Plus une démocratie est moderne et adulte, plus on a l’illusion que les choses fonctionnent toutes seules. Mais rien n’est plus faux. La démocratie ne connaît pas le statu quo. Elle est le fruit d’une force constante entre des forces progressistes et des forces rétrogrades qui s’affrontent. Le combat est permanent. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’acquis : dès que vous baissez la garde, vous perdez du terrain…
https://www.unige.ch/campus/numeros/campus102/invite/

 

La fin du courage, Cynthia Fleury. Fayard, mars 2010. Le livre de poche, septembre 2011.

Chaque époque affronte, à un moment de son histoire, son seuil mélancolique. De même, chaque individu connaît cette phase d’épuisement et d’érosion de soi. Cette épreuve est celle de la fin du courage. Comment convertir le découragement en reconquête de l’avenir ?
Notre époque est celle de l’instrumentalisation et de la disparition du courage. Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d’impuissance. Nul ne résiste à cet avilissement moral et politique.
Il s’agit de surmonter ce désarroi et de retrouver le ressort du courage, pour soi, pour nos dirigeants si souvent contre-exemplaires, pour nos sociétés livrées à une impitoyable guerre économique. Le plus sûr moyen de s’opposer à l’entropie démocratique reste l’éthique du courage et sa refondation comme vertu démocratique.
Dans cet essai enlevé, Cynthia Fleury rappelle qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral et montre avec brio comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif. Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable.

Cynthia Fleury, philosophe, professeur à l’American University of Paris, travaille sur les outils de la régulation démocratique. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont Les Pathologies de la démocratie (Fayard, 2005).

 

 « La Fin du courage », de Cynthia Fleury : réinventer le courage.

 

 

Manifestation du 9-10-2018 à Mayenne.