Vincent Cespedes

« …Ce n’est pas un ras le bol, c’est une mutinerie…les gilets jaunes c’est une claque dans la tête d’un système qui ne se perçoit pas lui-même comme système d’aliénation… »  Vincent Cespedes, interview  de Thinkerview : Vidéo.

 

Vincent Cespedes
Vivre au printemps : Philosophie du clash et clash de la philosophie
Matkaline (2018).

À quelles conditions la philosophie peut-elle être culturellement et politiquement efficace ? Comment en faire le pilier d’une vie démocratique équitable et féconde ? d’une vie personnelle riche de sens et d’émotions ? Comment la parole vivante et l’imagination sans chapelle peuvent-elles venir à bout de l’asservissement technocratique et de la pudeur de vivre ? Comment « vivre au printemps » ? Dans cet ouvrage, le philosophe Vincent Cespedes nous donne les clés de ce qu’il appelle la « philosophie-expérience » : le dépassement de la seule production de concepts pour la production d’actions. Des actions émancipatrices et stimulantes, contre la bêtise organisée. Avec un humour constant et une grande érudition historique, l’auteur nous dans la dernière grande fête de philosophie-expérience en date : la période de mai-juin 1968, en France. Partant du fait que très peu d’acteurs d’alors ont perçu l’ampleur civilisationnelle du combat, il invite les générations d’après à hériter de la quintessence des évènements : le « clash désobéissant ». Un héroïsme philosophique déconstruisant à même le réel – par l’irrévérence, la créativité et le jugement critique – nos peurs, nos croyances et nos aliénations. Pourtant, les traitements médiatiques des commémorations de Mai-68 s’efforcent à chaque décennie de diluer le Mai français dans l’année 1968 mondiale. De vieux repentis jouent alors le rôle d’agents dissolvant pour effacer le clash philosophique (et la philosophie à clasher) et faire de Mai un épiphénomène culturel, sorte de crise de la jeunesse française inspirée par d’autres crises lointaines, le tout formant un gros coup de sang, bien bruyant mais finalement salutaire pour ajuster les mœurs archaïques à la modernité… C’est banaliser Mai en le relativisant, affirme Vincent Cespedes ; faire comme si aucune déflagration philosophique n’avait eu lieu. L’auteur montre au contraire en quoi le Mai-68 français ne ressemble à aucun autre, notamment par l’influence d’un philosophe aujourd’hui oublié (et pour cause !) : Henri Lefebvre. Grève générale de l’obéissance, le Mai-68 français inaugure une nouvelle vision du monde et une nouvelle façon de philosopher : remise en question des autorités et transformations de la vie quotidienne. Un dessillement de masse. Depuis 1789, la plus grande réalisation de la philosophie. Vivre au printemps, c’est philosopher au sens fort : enrichir l’autre par le clash et par le mélange. Transmettre de la vie, inventer de l’expérimentable, transfigurer l’univocité, clasher les convictions mal assises et les injustices mal combattues. Non plus démarche intellectuelle, mais acte sensuel, retour à la fluidité palpitante des corps et des intelligences.

Né en 1973, Vincent Cespedes poursuit une œuvre philosophique novatrice, ancrée dans les enjeux contemporains. Il est notamment l’auteur de L’Homme expliqué aux femmes (format poche, J’ai Lu, 2012), ainsi que de L’Ambition, ou l’épopée de soi et d’Oser la jeunesse aux Éditions Flammarion. Ce livre est la réédition de « Mai 68, la philosophie est dans la rue ! » Paru initialement aux Éditions Larousse en 2008.

 

Ce qui donne du sens c’est de dire que je suis dans quelque chose qui va être un peu plus juste demain… Philosopher c’est de la création, philosopher c’est créer, expérimenter et donner aux autres la possibililé de changer de paire de lunettes… Vincent Cespedes.